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Article initialement publié dans La Libre Eco. Lire l’article dans sa version originale ici.  
 

Pour les patrimoines mobiliers importants, le private equity peut s’intégrer dans des fonds dédiés de la Branche 23

Un fonds dédié est un produit d’assurance-vie de la Branche 23 qui a toutes les caractéristiques de ce produit d’assurance mais dont le contenu de la poche sous-jacente est personnalisé. La compagnie d’assurance va ainsi déléguer la gestion de ce contrat à un gestionnaire ou à une banque privée qui sera choisi par le preneur. Ce gestionnaire va gérer de façon discrétionnaire le capital qui sera investi dans ce fonds dédié. “Ce concept démontre toute sa pertinence dans la structuration des patrimoines importants. On oublie souvent le rôle que les assurances peuvent jouer dans la structuration patrimoniale. Dans le cadre de ces contrats, nous ne gérons pas les sous-jacents. La gestion est laissée au banquier. Nous avons ainsi dans le groupe Lombard International Assurance 49 milliards d’euros d’actifs sous administration”, relève Didier Debroux, Branch Manager chez Lombard International Assurance à Bruxelles.

Poche d’investissements

Dans ces contrats, on peut intégrer une poche d’investissements en private equity. Rappelons que le private equity est un actif non traditionnel. Cela signifie qu’il n’est pas coté sur un marché réglementé. Sa liquidité est réduite et sa transférabilité est aussi faible car il n’y a souvent pas de code ISIN. “De ce fait, nous exigeons que le patrimoine de l’investisseur en private equity soit assez large avec un minimum d’avoirs mobiliers globaux de 1,5 million d’euros. Il faut aussi qu’il ait un horizon de placement à long terme. Le private equity ne peut s’envisager que sur des périodes de 5 à 10 ans. L’investisseur doit également avoir un profil de risque actif voire agressif en fonction de la pondération de cette classe d’actifs dans son portefeuille”, note Janique Thiry, responsable des investissements non cotés chez Lombard International Assurance.

Dans ces fonds dédiés, c’est la compagnie d’assurance qui souscrit aux actifs sous-jacents sur base des conseils du private banker. Le preneur d’assurance est créancier de la compagnie d’assurance. De ce fait, la compagnie va analyser les différents aspects des placements en private equity. “Nous regardons le profil de risque de l’investisseur et son horizon de placement. Il faut que ces deux aspects soient en adéquation avec le produit de placement. Lorsque le banquier privé nous soumet sa proposition, nous analysons les risques, les aspects fiscaux et les conditions de sortie. Au-delà de l’analyse financière faite par le gestionnaire extérieur, nous nous attachons aux aspects de structuration du patrimoine liés à ce placement”, ajoute Janique Thiry.

La compagnie d’assurance assure également le suivi : actions ou opérations à mener, scruter les changements dans les équipes de gestion, analyse du risque...

Mais en quoi le private equity présente-t-il un attrait dans les placements ? Dans un environnement de taux bas, les détenteurs de patrimoine mobilier important sont à la recherche de rendement. Ils se dirigent alors vers des investissements plus complexes qualifiés d’alternatifs. Le private equity fait partie de cette classe d’actifs. Il faut cependant être conscient que ce type de produits est assez illiquide dans la mesure où il est déconseillé d’en sortir à court terme.